Comment mieux protéger nos enfants sur les médias sociaux et sur internet

Rédigé par Genuix - -
Comment mieux protéger nos enfants sur les médias sociaux et sur internet ?

Pour faire référence à un cas concret qui a pleinement justifié ma motivation à l’écriture de cet article. Avec cet article, je  souhaite  sensibiliser les parents à la réalité du danger des jeux online, des médias sociaux et aux conséquences qui peuvent en résulter. Je vous recommande donc de commencer par lire cet article http://www.20min.ch/ro/news/suisse/story/24732076, qui est tout à fait édifiant et illustre parfaitement mon propos. Qui plus est, il confirme que ce problème existe partout, pas seulement aux Etats-Unis. Il nous concerne tous et à n’importe quel moment.

Pensez à ces films de détectives de série B en noir et blanc. C’était des dialogues de durs à cuire, vifs, avec des demoiselles en détresse et toute sorte de mystères glauques. Les situations étaient troubles et personne n’était ce qu'il semblait être. Les bons étaient mauvais, les méchants étaient vraiment bons et il y avait un revirement à chaque nouveau plan.

Le monde d'Internet peut être tout aussi difficile à appréhender et à déchiffrer.
Et c’est sur ce flou que les « prédateurs » s’appuient. C’est justement ce qui les arranges quand il s’agit de la protection de nos enfants.
Comme le « palais des glaces » à une fête foraine. Souvent, les enfants ne savent pas ce qui est réel et ce qui ne l’est pas, qui est là pour être leur ami et qui est là pour leur faire du mal.

Pourquoi les enfants sont-ils des proies pour cyber-criminels, prédateurs et autres sur la toile ?

Les enfants et les adolescents, sont des « technologiciens » intuitifs, mais ils ne disposent pas toujours d’un sens critique aiguisé. C’est dans les lobes frontaux de notre cerveau que les décisions logiques se passent et cette zone n’est pas pleinement développée avant une vingtaine d’année. C’est pourquoi, le rôle des adultes et de l’environnement est primordial. Les enfants et les adolescents doivent pouvoir obtenir le maximum d’aide et de conseil dont ils pourrais avoir besoins dans ces situations troubles.

Les adolescents en particulier, veulent à être «compris» - c’est une période où ils cherchent à s’émanciper de leurs parents et peuvent avoir l’illusion de ne pas avoir besoin d’aide.  Pourtant à cet âge ils ne sont pas toujours capables de différencier les «bonnes relations» de celles qui sont dangereuses, ni de pouvoir s’en extraire seul. C’est ce qui peut conduire à toutes sortes d’activités et comportements dits à risque que nous associons à l'expérimentation dans les années de formation. Comment faire face à certains adultes qui font preuve d’un grand sens de la manipulation ou qui se servent d’enfants pour attirer d’autres enfants ? L’intimidation et la peur font céder des enfants mais aussi des adultes. La peur de parler, de dire aux parents par crainte de se faire disputer entre aussi en jeu.

Si ici nous parlons surtout des enfants et des adolescents, il faut rappeler que les adultes ne sont pas forcément immunisés contre ces malveillances.

Heureusement, certains enfants ont appris à différencier le bien du mal. Ils ont été suffisamment accompagnés par leur famille ou leur entourage proche.
Avec l'omniprésence des médias sociaux (Facebook, Instagram, Twitter, etc…), des SMS, WhatsApp et messageries en tout genres, les enfants n’ont plus besoin de faire beaucoup d'efforts pour y accéder. Tout est là, à portée de main.
En tant que parents, éducateurs ou mentors, nous nous devons d’être informés, de nous tenir au courant de ce à quoi nos enfants peuvent être confrontés et à la façon d’en parler avec eux afin de créer un espace plus sûr. Il ne s’agit pas nécessairement de vouloir les suivre dans leur mouvement vers le « tout en ligne », mais nous ne pouvons pas faire l’autruche, nous voiler la face. C’est aux adultes d’assurer la sécurité des enfants et des adolescents, ou au moins, de leur donner les moyens de le faire, de se prémunir, de se protéger.


Voici quelques menaces en ligne, répandues et effrayantes, dont tout le monde devrait avoir conscience afin de mieux protéger ses enfants.

Cyberintimidation (Cyberbullying)

La cyberintimidation est l'utilisation des médias sociaux, des SMS, WhatsApp, messageries en tout genre et des e-mails à des fins d'intimidation, de harcèlement, de menace et de propagation de rumeurs malveillantes. La tendance est à la hausse depuis ces dernières années et les rapports Nobullying.com montre qu'en 2014, 25% des adolescents ont été victimes de cyberintimidation. Une étude menée par l'Université de Yale a constaté que les adolescents qui ont été victimes d'intimidation étaient 7 à 9 % plus susceptibles d’envisager le suicide que les autres adolescents. Et selon nobullying.com la «cyberintimidation conduit à des pensées suicidaires plus que l'intimidation traditionnelle ».
Je présente des statistiques américaines afin de donner une idée de l’ampleur du problème, parce que les informations liées à ces sujets en Europe et en Suisse sont très pauvres ou anciennes. Il est bien clair que les chiffres ont augmenté avec les années et la présence de plus en plus massive de médias sociaux et d’internet en général dans nos vies.

Les prédateurs en ligne

Le monde réel est rempli de gens peu recommandables qui tentent de nuire aux enfants. Internet n’est pas différent. Dans le monde virtuel, il est tout simplement plus facile de trouver et d’attirer des victimes innocentes. Un article du Washington Post parle d'une adolescente qui a posté une photo d'elle sur Snapchat avec son téléphone. Sa fonction de localisation était activée et, quelques jours plus tard, un homme qu'elle ne connaissait pas s’est présenté à la porte de sa maison avec la photo à la main demandant à la voir. La mère de la jeune fille, qui a ouvert la porte, a appelé la police, qui est venue mais qui n’a rien pu rien à faire contre cet inconnu malhonnête. Effrayant oui, mais pas interdit par la loi…

L’enfant cité dans le 20 minutes a été laissé jouer sans surveillance à un jeu bien connu de tous, petits et grands, joueurs et prédateurs : Minecraft (pour ne parler que de ce cas, il y a pléthores de jeux en ligne avec Microsoft Steam xbox et consorts). Les prédateurs savent à quels jeux participent leurs proies et sur quels réseaux ils surfent. Ces résidus d’êtres humains (permettez-moi cette digression) savent très bien se servir de ces nouveaux médias afin d‘atteindre leur but. Même si dans ce cas précis il semble y avoir aussi une part de responsabilité des autorités allemandes qui n’ont pas su arrêter cette personne à temps.
A leur décharge, les forces de l’ordre ont nécessairement besoin de faits établis pour pouvoir agir. Or, dans ce contexte, c’était loin d’être évident. Ce qui nous ramène évidemment à la problématique récurrente de la surveillance électronique de tous avec ses limites et ses contraintes (mais ceci est un autre débat).

Le vol d'identité

Dans la même veine, les enfants sans méfiance donneront des informations à quasiment tout le monde sur Internet. Une enquête menée par Emarketer.com a montré que 75% des enfants ne voient pas de problème avec le partage de renseignements personnels en échange de biens et services. Les enfants, comme cible pour le vol d'identité en ligne est un phénomène qui se répand comme une traînée de poudre selon le Huffington Post parce que les criminels se rendent compte que ces jeunes ne possèdent pas toutes sortes d'historiques de crédit - ils ont des ardoises essentiellement propres et vides. Ils passent souvent inaperçus pendant un temps voire des années - le rêve d'un escroc devenu réalité ! Selon consumer.ftc.gov « le numéro de sécurité sociale d'un enfant peut être utilisé par les voleurs d'identité pour demander des prestations gouvernementales, des ouvertures de comptes bancaires et de cartes de crédit, des services de prêt ou encore  pour louer un appartement ».

Téléchargements dangereux

En tant que d’adultes, vous savez qu’il ne faut jamais ouvrir les fichiers ou les liens dans les e-mails si vous n’êtes pas certain de leur validité, de leur pertinence ou de leur provenance et surtout se méfier des bannières publicitaires qui peuvent potentiellement infecter votre ordinateur, mais qu’en est-il de vos enfants ? Encore une fois, rappelons que leur lobe frontal n’est pas encore tout à fait développé et leurs décisions sont largement basées sur le «ici et maintenant».
Quand ils reçoivent un lien envoyé par email ou voient un message leur disant « Félicitations! Vous venez de gagner à la loterie 10 millions de Frs! Cliquez ici pour réclamer votre prix! ». La logique sera mise de côté et ils cliqueront sur la bannière ou ouvriront le lien. Encore une fois, selon consumer.ftc.org, assurez-vous que les enfants sachent « voir au-delà du gratuit » : les jeux, sonneries ou autres téléchargements cachent systématiquement des escroqueries, voire des logiciels malveillants.

Expliquez à vos enfants de ne pas télécharger n’importe quoi à moins qu'ils aient de bonnes raisons de faire confiance à la source et qu'ils l’ait analysée avec un logiciel antivirus ou anti-malware. La plupart du temps, ces programmes fonctionnent en toile de fond sur les appareils, sans que vous en ayez conscience. Ils collectent des informations sur vous et les habitudes de navigation de votre famille et plus encore. Aussi, ces informations sont données ou vendues à des tiers et/ou utilisées pour leurs propres bénéfices.

Comment faire pour garder nos enfants en sécurité ?

La clé est de parler à nos enfants et de créer un espace de communication ouvert.
Selon le bureau du procureur du comté de San Diego, 20% des parents ne supervisent pas leurs enfants sur leurs habitudes Internet et «près de 62% des adolescents disent que leurs parents ne savent peu ou rien sur les sites Web qu'ils visitent ». Même si vous pensez que vos enfants ne veulent pas être mis sur écoute à ce sujet, les règles de sécurité sur Internet sont tout aussi importantes que les bonnes vieilles règles telles que « regarder des deux côtés avant de traverser la rue», « ne jamais accepter de bonbons d'un inconnu » et de «ne jamais parler à des étrangers ». Renseignez-vous sur les jeux, regardez les avant, respectez les interdits : si un jeu est interdit aux moins de 18 ans, cela a un sens !!!

En étant attentif, en parlant, en écoutant et en répondant à leurs questions, nous pouvons les aider à être conscients qu'ils ne doivent jamais faire confiance à quelqu'un qu'ils «rencontrent» sur les médias sociaux. Les rapports innombrables d'enfants entraînés dans des situations dangereuses par des «amis», qu'ils n’ont jamais réellement rencontrés sont épouvantables. Un rapport réalisé par le Centre de recherche de crimes contre les enfants (Crimes Against Children Research Center) a révélé qu'un adolescent sur cinq a reçu des demandes sexuelles non désirées sur Internet. Selon sharedhopeinternational.com, une organisation internationale de lutte contre la traite des êtres humains, un enfant sur vingt admet avoir organisé une réunion secrète avec quelqu'un rencontré en ligne. Et selon toptenreviews.com, 67% des adolescents disent savoir comment cacher ce qu'ils font en ligne à leurs parents.

Voici quelques conseils que vous pouvez appliquer en tant que parents:


  • Demandez-leur de vous enseigner les choses qu'ils connaissent mieux que vous sur Internet et établissez un  dialogue.
  • Apprenez-leur à penser de façon critique et à analyser les informations.
  • Posez-leur des questions basées sur des scénarios pour les amener à réfléchir, comme par exemple «Que feriez-vous si quelqu'un demandait à vous rencontrer (dans la vraie vie) »,  « Que feriez-vous si quelqu'un vous envoyait un lien?», etc...
  • Apprenez-leur à utiliser les paramètres de confidentialité, de préférences sur leurs appareils mobiles et de ne jamais partager des informations avec tout le monde, même s'ils pensent qu'ils sont amis.
  • Assurez-vous que les paramètres parentaux sur leurs appareils sont réglés au niveau approprié.
  • Surveillez le temps des enfants en ligne.
  • Établissez des règles d'usage.
  • Activez des logiciels antivirus et anti logiciels malveillants.
  • Mettez en place une sorte de filtrage internet (fonction intégrée dans les Livebox d’orange en France ....).
  • Soyez directs mais jamais menaçants.

Il y a de formidables avantages avec Internet, mais les dangers ne sont pas à minimiser. Nous, adultes, sommes pleinement responsables de la sécurité, des choix et du développement de nos enfants. La communication est une des clés essentielle  pour garder nos enfants le mieux possible en sécurité, même « en ligne ».

Un énorme MERCI aux re-lectrices: Marie-France, Chantal, Caroline et Vanessa pour leur aide leur temp et leur conseils

Références:

https://blog.reasoncoresecurity.com/2015/04/28/how-to-keep-your-kids-safe-online/

http://www.sdcda.org/preventing/protecting-children-online/facts-for-parents.html
http://www.consumer.ftc.gov/articles/0040-child-identity-theft
http://facebook-parental-controls-review.toptenreviews.com/30-statistics-about-teens-and-social-networking.html
http://sharedhope.org/2013/08/07/5-scary-statistics-about-children-on-the-internet/
http://nobullying.com/cyber-bullying-statistics-2014/
http://brainconnection.brainhq.com/2013/03/20/decision-making-is-still-a-work-in-progress-for-teenagers/

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